Tous les 2e mercredi du mois

Les guillemets, c’est tout un dialogue (mais pas que…) !


Avant d’aborder le sujet, allons faire un tour dans l’Histoire… Les guillemets seraient apparus pour la toute première fois au XIIIe siècle sous forme de virgules. Mais leur invention proprement dite sera attribuée à un imprimeur du nom de Guillaume au XVIIe siècle. Toutefois, il faudra attendre la fin du XVIIIe siècle pour que les chevrons tels que nous les connaissons fassent leur apparition.

Fermons là la parenthèse et entrons dans le vif du sujet. Il existe en réalité trois sortes de guillemets :

Les français, soit les chevrons (« abc ») ;

Les anglais sous forme d’apostrophes doublées, les premières étant inversées (“abc”) ;

Les allemands constitués d’apostrophes simples (‘abc’), la première étant aussi inversée.

On peut remarquer que ceux-ci fonctionnent chaque fois par paire, inséparables qu’ils sont ! On les nomme guillemets ouvrants et guillemets fermants. Mais il existe une « hiérarchie » dans leur usage : « “… ‘…’ …” »

« La cigale et la fourmi »
Il dit : « J’ai appris “La cigale et la fourmi” en primaire. »
Pierre se souvient  :
« Mon père m’a dit : “J’ai appris ‘La cigale et la fourmi’ en primaire.” »

Quel est l’usage de tout ce petit monde ?

Les guillemets s’emploient pour : une citation :
« L’homme absurde est celui qui ne change jamais » (A. Barthélemy). On peut remarquer que le nom de l’auteur de la citation et la ponctuation finale sont situés après les guillemets fermants.

Si la citation est suivie d’une mention telle que « dit », « écrit », etc., il faut alors mettre une virgule après les guillemets fermants.
« L’homme absurde est celui qui ne change jamais », dit A. Barthélemy.

Mais si la citation se termine par un point d’exclamation ou un point d’interrogation, alors la virgule est à oublier : « L’homme absurde est celui qui ne change jamais ! » dit A. Barthélemy.

Si elle est précédée de cette même mention, la ponctuation finale sera placée avant les guillemets fermants. A. Barthélemy a dit : « L’homme absurde est celui qui ne change jamais. »

Il est à noter que si la citation se fond dans la phrase, la ponctuation finale se positionnera après les guillemets fermants : A. Barthélemy dit que « l’homme absurde est celui qui ne change jamais ».
(Remarquez qu’alors, la citation commencera sans majuscule.)

  • une pensée :
    À l’odeur alléchante de la potée, il pensa : « Je me ferais bien inviter pour dîner. »
  • un nom de bateau, d’avion ou autre véhicule terrestre :
    Le porte-avions « Charles-de-Gaulle »
    La « Trottinette » de Gérard
    Le « Spirit of St. Louis »
  • un sobriquet ou surnom :
    « Madame Pince-sans-rire » est de retour
    « Le Grand Charles »
    et bien entendu les dialogues !

On ouvre les guillemets au début d’un dialogue puis, au changement d’interlocuteur, on utilisera un tiret cadratin (—). À la dernière repartie, il ne faudra pas omettre de refermer les guillemets :

« J’ai faim, dit l’enfant.
— Le repas est bientôt prêt.
— C’est trop long !
— Mets la table, le temps passera plus vite ! »

S’il est nécessaire de faire usage de guillemets à l’intérieur d’un dialogue, alors nos amis anglais vont devoir intervenir :

« J’ai faim, dit l’enfant.
— Le repas est bientôt prêt, “Pirate”.
— C’est trop long !
— Mets la table, le temps passera plus vite ! »

Il existe aussi une autre façon de présenter son dialogue en faisant appel à la typographie dite moderne. Dans ce cas, les guillemets ouvrants sont remplacés par un tiret cadratin. Il n’est donc plus nécessaire de faire usage des guillemets fermants (rappelez-vous, ils vont de pair !)

— J’ai faim, dit l’enfant.
— Le repas est bientôt prêt.
— C’est trop long !
— Mets la table, le temps passera plus vite !

Mais l’on peut faire à une façon toute théâtrale, cette fois-ci, par des actes et autres scènes.

À ce moment-là, exit guillemets et cadratins ! En voici un petit exemple :

Acte I Scène 1
L’Enfant arrivant en courant.

J’ai faim !


La Maman, en pleine réflexion devant sa fenêtre.

Le repas est bientôt prêt, « Pirate »…


L’Enfant, boudeur.

C’est trop long !

La Maman

Mets la table. (Elle repart vers les fourneaux.) Le temps passera plus vite !

Vous pourrez remarquer que les guillemets ne sont toutefois pas oubliés complètement. Ils apparaissent au sein du dialogue pour mettre en exergue un mot.


Il y a tant à dire de ces valeureux petits soldats, ces guillemets si nécessaires à la compréhension d’un texte ! Vaste sujet que celui-ci, mais vous aurez eu connaissance des grandes lignes. Ainsi, vous aurez le plaisir d’agrémenter votre ouvrage d’un parfait usage de la typographie.


À bientôt !