Rencontre avec Eric Rodrigue MENTOUGA, auteur de « Les Aventuriers du Sahara : l’Europe ou la Mort ! »

Présentez-nous votre ouvrage.

Le roman Les Aventuriers du Sahara : l’Europe ou la Mort ! récemment paru aux éditions Edilivre en France relate l’histoire de quatre routards Camerounais, candidats à l’émigration clandestine, partis de Douala pour se plonger dans une aventure rude et périlleuse. Passant par le Nigéria et le Niger, ils vont d’abord séjourner dans le désert Algérien puis au Maroc, avant de se jeter à l’eau à l’assaut des îles Canaries. Entre rêve et réalité, ces migrants parviendront-ils à atteindre leur nouvel eldorado ? Si oui, à quel prix ? Si non, quel sort leur réserve le désert?

Je vous invite à découvrir l’ouvrage chez mon éditeur en vous procurant votre exemplaire au format de votre choix (papier ou numérique).

 

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Après avoir commis mon premier ouvrage La Traversée de l’Atlas chez le même éditeur, j’ai jugé utile de me départir de mon vécu personnel pour dénoncer sous un tout autre angle des fléaux qui minent la société Africaine et qui touchent forcément la jeunesse toute entière comme la mal gouvernance en Afrique, la crise de l’éducation, la marginalisation de la jeunesse, la précarité de l’emploi et le manque de conscience politique des populations, pour ne citer que ceux-là. Autant de maux qui poussent les jeunes à l’exil à défaut de ne mener leur vie par défaut.

 

À quel lecteur s'adresse votre ouvrage ?

Cette œuvre est entièrement dédiée à la jeunesse Africaine en général et à celle Camerounaise en particulier, afin qu’elle serve de témoignage à tous ceux qui rêvent d’un départ vers l’Europe, n’y voyant qu’une panacée à leurs problèmes, sans tenir compte de la dégradation mentale que cela engendre selon que l’on émigre légalement ou clandestinement aussi bien vers le Maghreb que vers l’Occident.

Elle est par ailleurs une exhortation aux dirigeants du continent Noir pour leur plus grande mobilisation, afin qu’ils puissent agir de façon concertée pour s’opposer farouchement à toutes les filières migratoires qui parsèment le continent depuis le bassin du Lac Tchad jusqu’au désert du Sahara.

 

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Je me suis voulu être la voix de cette jeunesse déboussolée, qui ne demande qu’à vivre dans des nations où l’égalité de chances leur soit accordée, et des fléaux tels le népotisme ou le favoritisme bannis. Car il s'avère que ce qui est considéré comme des déviances ; telles la prostitution, le multi-partenariat sexuel, la délinquance juvénile, l’homosexualité encore condamnée au Cameroun tout comme dans bon nombre d’autres Etats Africains, la course vers des églises de réveil et cercles philosophiques d’un nouveau genre, sans compter le fétichisme et toutes sortes d’autres comportements qui sont considérés comme des dérives, ce que je tiens à dénoncer ; sont le cri désespéré de cette jeunesse à mal de vivre mais très souvent incomprise. L’immigration clandestine n’en étant d’ailleurs que le corollaire inéluctable.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Il faut se dire qu’ayant fait mes classes supérieures au Maroc, j’ai été témoin d’une part de la guerre farouche qui oppose constamment garde-frontières et migrants clandestins au Nord du Royaume. Puis il m’a été donné de voir dans quelles conditions inhumaines vivaient ces migrants clandestins souvent passés par le désert, mais qui donnent toujours à leurs proches restés au pays de croire que tout va pour le mieux. Une attitude qui pousse indubitablement les jeunes à rêver eux aussi d’un départ pensant que l’herbe est plus verte ailleurs. Or ce n’est pas forcément le cas. Du moins, tout dépend des conditions dans lesquelles vous émigrez. Est-ce que vous le faites légalement ou clandestinement ? Telle est la question. Aussi il faudrait se demander ce qui vous y amène. Est-ce que vous y allez pour des raisons d’études, comme c’était le cas pour moi ? Est-ce que c’est pour trouver du travail ? Etc.

Mais quand même, il faudrait se dire que je n’ai nullement ici l’intention ni moins la prétention de condamner quelque candidat à l’émigration sans toute autre forme de procédure, car les raisons qui les y poussent, je puis vous garantir, sont des plus fondées. Bien souvent, ces jeunes n’ont pour seul objectif que de tenter d’échapper à la misère quotidienne et aux injustices sociales dont ils font l’objet dans leur propre pays. Par conséquent pour mieux lutter contre le phénomène de l’immigration clandestine, il faudrait plutôt essayer de combattre le mal à la base en veillant à l’amélioration des conditions de vie des jeunes dans leur pays d’origine et en leur offrant des opportunités, plutôt que d’engager des actions tardives qui n’interviennent très souvent que quand beaucoup ont payé de leur vie en finissant noyés dans les eaux ou alors terrassés par la chaleur aride du désert. Je vous passe de tout commentaire sur la dégradation mentale que cela entraîne.

 

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

En Février, paraîtra chez le même éditeur mon troisième ouvrage Mystiques Terres Africaines qui traite de l’obscurantisme religieux et de la myopie spirituelle sous laquelle ploient mes congénères Africains qui n’ont pour la plupart souvent pour seule spiritualité que la religion, le fétichisme, l’occultisme et j’en passe. Je vous plongerais sans doute au cœur d’un phénomène auquel vous Occidentaux ne croyez pas beaucoup, j’ai nommé ici « la sorcellerie ».

Superstition ou réalité ? Je vous invite à parcourir cet autre récit très prochainement.

 

Un dernier mot pour les lecteurs ?

En soutien à tous ces jeunes Africains qui broient du noir, qui sont bardés de diplômes sinon même pas et qui espèrent un beau jour pouvoir donner du sens à leur vie, je voudrais tout simplement leur partager cette pensée de l’ancien Secrétaire Général de la Francophonie, M. Abdou Diouf : « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais c’est le difficile qui est le chemin ».

Il faut y croire !

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