Rencontre avec Tina Mouneimné Van Roeyen, auteure de « Je pousse donc je suis »

Présentez-nous votre ouvrage.

Tout a commencé quand je sortais avec mon premier enfant en poussette. Non, bien avant ; mais quand ?? Dans son livre L’invention du quotidien, Michel de Certeau appelle le marcheur « un pratiquant de la ville ordinaire ». Le décodage des pratiques du quotidien est au centre de sa réflexion. En 2015, la pratique de mon quotidien s’appelait « sortie en poussette ».

En tant que jeune maman, je m’inventais aussi mon quotidien.

Parfois deux, parfois trois fois par jour.

Un quotidien surprenant, inattendu. Je rencontrais de nouvelles personnes, dénichais de nouveaux endroits ; mon monde – grâce à ma fille – s’agrandissait, s’élargissait et s’approfondissait. Je découvrais des plaisirs – petits, grands – comme le plaisir de flâner, ou celui de s’arrêter en plein milieu du trottoir.

À mesure que je poussais, je découvrais la polysémie du mot « pousser » : se laisser pousser, être poussé par, se pousser jusque, repousser… J’avais le temps de méditer, de lire les avis à l’intention des facteurs et surtout d’observer. Mon attention fut maintes fois attirée, pas nécessairement toujours retenue, mais certainement attirée.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Par besoin, d’abord. J’avais une surabondance d’idées dans ma tête que je devais absolument évacuer. Par plaisir, ensuite. Je m’amusais à repérer des patronymes incongrus sur les sonnettes, des lettres aux voisins ou autres graffitis. Chaque « pépite » m’enchantait !

À quel lecteur s'adresse votre ouvrage ?

À tout le monde ! Aux mamans, aux papas, à tous les « pousseurs » de poussettes, aux immigrés, aux Etterbeekois, aux flâneurs et à ceux qui, simplement, aiment lire.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Que chacun peut écrire, que chacun peut écrire en français (même si on n’est pas, comme moi, francophone de naissance), même si on passe des nuits blanches et on peine à voir correctement l’écran de son ordinateur. Je m’étais accrochée !

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

J’ai un passé de chercheuse, vocation pour laquelle un sens de l’observation et un œil pour le détail sont nécessaires. Mon livre est, tout compte fait, un recueil de réflexions nées pendant des promenades en poussette. C’est donc ma commune qui m’a, en premier lieu, inspirée. Mais cette commune, ce n’est rien d’autre que des gens qui la composent, qui proposent ou qui imposent. Je marchais, j’observais, je notais, je photographiais, je tendais l’oreille pour récolter des bribes de conversation… Après quoi, je filtrais et je fictionnalisais cette réalité. À bien y penser, tout peut être inspirant pour un auteur ! Par exemple, des parents qui font des bulles de savon dans la rue, n’est-ce pas une belle image ? En plus, il ne faut rien inventer, il suffit de sortir de chez soi et de faire 50 mètres !

 

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Écrire, écrire, encore une fois écrire ! Publier en plusieurs langues, accompagner en écriture, faire des recherches en littérature, traduire – peut-être.

Beaucoup de mes lecteurs demandent s’il aura une suite intitulée Balades avec mon fils !

 

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Je suis quelqu’un qui croit dans le pouvoir magique et guérisseur des histoires. Dans mes ateliers d’écriture créative, j’encourage tout le monde à écrire, indépendamment de la langue, de l’âge ou de la pratique d’écriture.

L’écriture, comme la maternité, peut ouvrir des portes, des fenêtres et des passages, tant insoupçonnés qu’insoupçonnables !

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